Le 24 de la rue Foch change de mains : une mercerie-atelier remplace l'ancienne quincaillerie

La quincaillerie Vidal, au 24 rue Foch, a fermé ses rideaux le 12 août après soixante-trois ans d'activité continue dans le même local. Le fonds a été repris par une enseigne d'atelier textile, qui compte ouvrir le 3 novembre après trois mois de travaux.

Une fermeture actée le 12 août

Le rideau de fer est descendu un mercredi matin, à 11h20.

Fernand Vidal, quatre-vingt-un ans, tenait le commerce depuis 1974, après son père Émile qui l'avait ouvert en 1963 ; les bacs de vis, les mètres rubans et les boîtes de clous ont été vendus en deux jours lors d'un déstockage annoncé par simple affichette sur la vitrine, sans affichage de soldes, sans annonce en ligne et sans que la mairie soit prévenue d'une quelconque reprise.

Sa fille, Nathalie Vidal, a suivi la comptabilité jusqu'au dernier exercice. Elle explique que la surface de cent quarante mètres carrés est devenue trop lourde à chauffer, avec un loyer passé de 740 à 1 260 euros mensuels en dix ans. « On a tenu parce qu'on était propriétaires du fonds, pas des murs », précise-t-elle. Le local appartient depuis 1988 à la famille Sageloly, qui possède également deux appartements aux étages. Trois commerces de proximité ont disparu en dix-huit mois : la quincaillerie Vidal, une cordonnerie rue de la Barre et un pressing avenue de Grande-Bretagne. Le quartier perd surtout des achats de dépannage.

Le marché du jeudi reste le rendez-vous commercial du secteur, avec ses soixante-dix exposants entre la place Cassanyes et la place Rigaud, et les sédentaires y réalisent souvent entre un quart et un tiers de leur chiffre hebdomadaire ; une reprise d'activité rue Foch profite donc mécaniquement à cette journée, à condition que l'ouverture soit effective avant les fêtes de fin d'année.

Un atelier de couture et de réparation

Un atelier de couture et de réparation

Le repreneur s'appelle Alodycore SARL. La société est installée à Perpignan depuis 2013 et actuellement au 109 boulevard Carnot, où elle pratique déjà les retouches, le sur-mesure et la réparation de fermetures à glissière, notamment sur cuir.

La surface du 24 rue Foch permettra d'ajouter un poste de coupe et deux cabines d'essayage.

Olivier Robert, qui suit les rendez-vous et le calendrier des essayages, indique que le déménagement ne suspendra pas l'activité. « On garde le boulevard Carnot jusqu'au 30 octobre, on bascule ensuite. Les clients qui ont un rendez-vous cette semaine-là seront rappelés un par un », assure-t-il. Le numéro de téléphone reste le même, 04 27 98 97 58, tout comme l'adresse électronique [email protected].

Trois personnes travailleront sur place : Julien Simon à l'accueil, Marie Michel au stock de tissus et de fournitures, Marie Thomas au suivi des commandes. Les horaires ne changent pas, du lundi au jeudi de 8h30 à 17h30 et le vendredi de 8h30 à 15h00. La boutique du boulevard Carnot, une fois libérée, ne sera pas reprise par l'enseigne, et aucun second atelier n'est prévu ailleurs dans Perpignan à ce stade.

Ce que cela change rue Foch

Pour les riverains, la différence se mesure d'abord en pas. La quincaillerie fournissait des vis à bois, des piles et des tubes de silicone qu'on allait chercher à pied, souvent pour une poignée d'euros et sans quitter le quartier.

Ces achats se feront désormais au Castorama de la route de Canet ou au bricolage du faubourg, soit un déplacement en voiture ou en bus de la ligne 4.

Sandrine Camps, coiffeuse installée au 31 rue Foch depuis 2011, voit surtout un effet sur les flux. « Un atelier de retouches, ça amène du passage le matin et en fin d'après-midi, pas à midi. La quincaillerie, elle, travaillait entre midi et deux avec les employés du centre », compare-t-elle, en ajoutant que sa fréquentation pourrait baisser de cinq à huit clients par semaine si la nouvelle enseigne n'ouvre pas le vendredi après-midi, jour où elle réalise une part notable de ses recettes.

Aucun permis n'autorise aujourd'hui la vente de petit outillage dans ce local.

Prix des retouches et loyers du secteur

Côté tarifs, Alodycore SARL a affiché ses grilles sur la vitrine dès le 18 août, avant même l'ouverture. Un ourlet de pantalon est annoncé à 12 euros, un changement de fermeture à glissière sur veste entre 28 et 46 euros selon la longueur, une reprise de taille à 19 euros. Le sur-mesure d'une chemise démarre à 145 euros, sans le tissu.

Ces montants sont proches de ceux pratiqués dans le centre ancien. Un ourlet simple y coûte entre 10 et 14 euros.

La différence se joue sur les délais. La plupart des ateliers du secteur annoncent cinq à sept jours ouvrés, contre trois à quatre jours pour un dépôt le matin, et aucun engagement de délai n'est garanti pendant les semaines de forte demande précédant Noël, période où les dépôts de vêtements triplent dans la plupart des boutiques du centre.

Les loyers commerciaux de la rue Foch oscillent entre 620 et 1 400 euros mensuels pour des surfaces de quarante à cent cinquante mètres carrés, selon les agences du secteur. La rue de la Barre reste moins chère de quinze à vingt pour cent, mais elle souffre d'un passage piéton plus faible en dehors des heures d'école.

Un chantier de trois mois

Les travaux commencent le 1er septembre. Le permis de construire a été déposé en mairie le 14 juillet et affiché sur la façade le 22 juillet.

Ils portent sur la remise aux normes électriques, l'isolation de la réserve et le remplacement de la vitrine, dont le bois est attaqué par l'humidité depuis au moins deux hivers, un point qui avait été signalé par l'ancien locataire à plusieurs reprises sans donner lieu à des travaux. La rue Foch, entre la place de la Loge et le boulevard Clemenceau, reste accessible aux piétons pendant toute la durée du chantier. Les livraisons de matériaux sont prévues avant 9h pour ne pas gêner les commerces voisins, ce qui a été convenu lors d'une réunion le 5 août avec les trois autres enseignes du tronçon, réunion au cours de laquelle a aussi été évoquée la question des terrasses et du stationnement des livreurs sur les trottoirs étroits de la portion basse.

Olivier Robert le dit sans détour. L'objectif d'ouverture au 3 novembre dépendra du passage des services techniques. « Si l'électricité n'est pas validée, on décale d'une semaine, ce n'est pas plus grave que ça. » La date sera confirmée sur alodycore.digital dès la réception du procès-verbal.

Pour les riverains, la différence se mesure d'abord en pas.

Marie Michel, Stock