Ce que nous comptons, et comment
Les chiffres viennent du logiciel de caisse et du registre papier tenu par Marie Michel (Stock). Elle y note chaque pièce reçue, chaque retouche livrée et chaque retour pour reprise. La période de référence couvre le 1er janvier au 30 juin 2024. La comparaison porte sur les six mêmes mois de 2023, sauf mention contraire.
Une seule question compte. La pièce repart-elle portée, ou revient-elle ?
Sur ces six mois de 2024, 412 pièces sont entrées. 387 sont sorties sans nouvelle intervention, soit 93,9 %. En 2023, sur 398 pièces, le taux atteignait 92,2 %. La progression reste faible, mais elle tient sur douze mois, ce qui nous suffit pour écarter un effet de hasard ou un changement de logiciel. Les reprises se concentrent sur deux cas précis : les ourlets de pantalons en tissu fluide, où la longueur demandée ne tombe pas comme prévu une fois la chaussure enfilée, et les fermetures à glissière remplacées sur doudounes, quand la tirette neuve accroche le rabat intérieur. Ces deux cas totalisent 19 des 25 retours. Le reste se disperse entre doublures de vestes de travail et ceintures de jeans.
Délais annoncés, délais tenus
Nous annonçons un délai au moment du dépôt, jamais avant, et nous l'inscrivons sur le ticket. Pour une retouche simple, ourlet, cintrage ou reprise de ceinture, le délai moyen annoncé sur janvier-juin 2024 était de 4,2 jours ouvrés. Le délai réel de sortie a atteint 4,6 jours. L'écart se creuse en mai et juin, quand les mariages et les baptêmes arrivent en même temps que les locations de costumes déposées par des clients du centre-ville et du quartier Clémenceau.
Résultat brut : 61 pièces sur 412 ont dépassé la date promise. Cela fait 14,8 %.
C'est trop. Nous le disons sans détour.
Ce qui n'a pas marché : en mars 2024, nous avons bloqué deux créneaux par jour pour les retouches urgentes payées en supplément, afin de réduire ces dépassements. Après six semaines, l'effet a été inverse. Les créneaux restaient vides deux jours sur trois, et les retouches ordinaires s'entassaient autour. Nous avons arrêté le 15 avril. Julien Simon (Accueil) traite les demandes au comptoir et par téléphone au 04 27 98 97 58. Depuis qu'il rappelle la veille chaque client dont la pièce est prête, les pièces oubliées plus de quinze jours sont passées de 27 à 9 sur le trimestre. Ce n'est pas une preuve de qualité, seulement un signe que le contact direct fonctionne mieux que l'attente passive.
Cuir, fermetures, et les cas qui résistent
Le cuir reste une petite part de l'activité : 58 pièces sur 412, soit 14,1 %, entre janvier et juin 2024. Elles viennent surtout du centre-ville, de la rue des Postes ou du quartier Clémenceau, pour des blousons, des sacs à main et des ceintures. Remplacer une fermeture sur du cuir épais demande un passage en machine plus lent, ce qui interdit de promettre le délai habituel du coton.
Sur ces 58 pièces, 51 sont sorties conformes du premier coup. Le taux tombe à 87,9 %.
Il est plus bas que sur le textile, et l'état des pièces reçues explique une partie du chiffre : cuir craquelé aux points d'ancrage, doublure déchirée sous la fermeture, coutures anciennes qui lâchent à côté de la zone reprise. Nous prévenons le client à l'accueil quand la zone est fragile. Nous ne garantissons jamais qu'un cuir très sec supporte une seconde couture, même si le client insiste.
Une expérimentation n'a pas fonctionné. Entre septembre et décembre 2023, nous avons proposé une rénovation complète des blousons en cuir, nettoyage et nourrissage compris, à 95 euros. Sur 22 blousons confiés, 6 clients sont revenus mécontents du toucher, qu'ils trouvaient trop gras. Nous avons repris le nourrissage à nos frais. La formule a été retirée en janvier 2024. Elle se propose désormais sur demande, après examen de la pièce au comptoir.
Prix affichés et prix pratiqués
Les tarifs n'ont pas bougé entre janvier 2023 et juin 2024 sur les ourlets simples, restés à 12 euros, ni sur la fermeture à glissière standard, maintenue à 28 euros. Deux lignes seulement ont augmenté en septembre 2023 : la reprise de doublure complète, de 45 à 52 euros, et la retouche de cuir, de 38 à 44 euros. Ces hausses suivent le prix des fournitures commandées chez un grossiste de la zone de Torremila. Elles ne relèvent pas d'une décision commerciale.
Les marchés de Perpignan servent de repère indirect.
Entre les halles Vauban et le marché du mercredi place Cassanyes, un client qui achète une veste d'occasion à 15 euros hésite davantage à payer 30 euros de retouche. Nous le voyons dans les dépôts. Sur les pièces à moins de 20 euros déclarées par le client, 41 % repartent sans retouche après le devis, contre 12 % sur les pièces au-dessus de 80 euros. Ce chiffre n'est pas un échec. Il montre simplement où se situe notre travail utile : sur les vêtements que les gens portent longtemps, pas sur ceux qu'ils remplacent au printemps suivant.
Ouvertures, fermetures et saisonnalité du quartier
Le boulevard Carnot n'est pas un axe de promenade. Les passages dépendent des heures de bureau, des trains et de la clientèle qui travaille dans les rues voisines. Nous ouvrons du lundi au jeudi de 8h30 à 17h30, le vendredi de 8h30 à 15h00, et nous restons fermés le week-end. Ce choix date de 2013. Nous ne l'avons pas changé, même si plusieurs commerces proches ont adopté le samedi matin.
Sur janvier-juin 2024, le comptoir a enregistré 1 037 visites. En 2023, il en comptait 998.
La hausse atteint 3,9 % et se concentre entre 9h et 11h. L'après-midi du vendredi reste creux : 62 visites sur six mois, soit moins d'une par jour ouvert. Nous avons testé une ouverture jusqu'à 17h00 le vendredi en octobre 2023, sur quatre semaines. 11 visites supplémentaires ont été comptées, pour 16 heures d'ouverture en plus. Nous sommes revenus à 15h00. Marie Thomas (Service client) répond aux messages reçus à [email protected], avec un délai moyen de première réponse de 7,4 heures ouvrées sur le premier semestre 2024, contre 11,2 heures en 2023. La prise de rendez-vous par ce canal n'a pas marché : 34 rendez-vous fixés par courriel sur la période, contre 268 par téléphone et 110 au comptoir. Le site alodycore.digital reçoit aussi des demandes de personnes hors Perpignan, parfois de Narbonne ou de Carcassonne, qui pensent que nous nous déplaçons. Nous ne nous déplaçons pas. Toute pièce doit être déposée et retirée au 109 boulevard Carnot, pendant les heures d'ouverture. Le dire plus clairement sur la page contact a réduit de moitié les échanges inutiles entre février et juin 2024, sans augmenter le nombre de dépôts pour autant.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Aucun de ces relevés ne mesure la satisfaction réelle d'un client. Une pièce qui sort à la bonne date peut être mal ajustée. Un client peut ne jamais revenir sans se plaindre. Nous n'avons pas de système d'avis vérifié, et nous n'en revendiquons aucun.
Ce que nous pouvons affirmer, registres à l'appui : 412 pièces traitées au premier semestre 2024, 93,9 % sorties sans reprise, 14,8 % livrées après la date promise, 58 pièces en cuir dont 87,9 % conformes du premier coup, et deux tentatives commerciales arrêtées faute de résultat. Le reste relève du jugement de chaque client.